Derrière nous sont les jours où les créateurs de mode travaillaient isolés dans leur atelier, tout en dictant les tendances de demain du haut de leur tour d’ivoire !

Aujourd’hui, la notion même de créateur a énormément évolué : nous sommes passés de « couturier » (pour désigner des noms comme Gabrielle CHANELChristian DIORYves Saint Laurent ou encore Cristobal Balenciaga); à « directeur artistique » pour parler de personnalités starifiées comme Karl Lagerfeld,Tom FordNicolas Ghesquière ou Phoebe Philo.

Karl Lagerfeld, l’exemple parfait du créateur élevé au rang d’ icône de la Pop Culture !

Pour autant, il ne faut pas oublier que ces grands noms doivent une partie de leur succès à leur entourage, leurs équipes en particulier. Alexander McQueen, à titre d’exemple, n’aurait pas été capable de réaliser sa vision artistique dès le début de sa carrière sans le soutien d’Isabella Blow (Rédactrice de mode) ni l’aide de ses amis créatifs : Shaun Leane (Créateur de bijoux) et Katy England (Styliste de mode).

Le clap de fin d’un des premiers défilés d’Alexander McQueen.

En effet, le sens du collectif va au-delà de la capacité à savoir travailler en équipe.  Elle implique un grand sens éthique et un certain degré d’intelligence relationnelle, deux composantes clés pour constituer son équipe au moment de créer son entreprise de mode.

Comme dirait Alexandre Mattiussi, le fondateur de la marque AMI :

« La première chose à faire quand on lance une marque, c’est de trouver un bon directeur commercial. »

Ainsi, il n’est plus question de construire une équipe en s’entourant uniquement de personnes créatives mais (et surtout) d’accueillir des personnes qui vont vous pousser à rendre votre vision commercialisable sur le long terme.

ON NE PEUT PAS FAIRE DE LA MODE TOUT SEUL : il faut être au contact des gens, discuter avec eux et essayer de comprendre leurs points de vue. Certes, ils ne seront pas toujours d’accord avec vos idées, mais ils pourront enrichir votre vision tout en influant votre manière de voir les choses.

D’autre part, la dégradation rapide de nos ressources naturelles et l’aggravement de la situation climatique amènent tous les acteurs de l’industrie de la mode à interagir et à s’entraider pour trouver des solutions alternatives aux problématiques actuelles (la raréfaction des matières premières, la baisse de la demande, la traçabilité des produits, les conditions inhumaines des travailleurs, l’opacité des politiques RSE mises en place par les entreprises).

Photographie prise lors de la seconde édition des Fashion Green Days, en Mai 2019.

Les firmes des secteurs du textile et de l’habillement se remettent en question : en France, par exemple, elles se retrouvent entre elles dans des événements à l’instar des Fashion Green Days, où elle cherchent des réponses à leurs questions et où elles énoncent les problématiques auxquelles elles sont confrontées tout en apportant plus de transparence au public quant au progrès qu’elles accomplissent. 

D’un autre côté, les grands groupes de luxe se sont toujours caractérisés par les idées neuves et les concepts originaux qu’ils parviennent à développer grâce à la collaboration.

Les enseignes de mode devraient considérer l’industrie du luxe comme cas d’école; où dirigeants et salariés sont plus habitués à travailler avec des personnes extérieures à l’entreprise.

Quand l’art et la mode ne font plus qu’un : en 2017, la maison de maroquinerie Louis Vuitton invite l’artiste américain Jeff Koons à réinventer ses sacs à main les plus emblématiques !

Penser de nouvelles manières de collaborer est en fait un facteur d’enrichissement de la vision du collectif, qui débouche la plupart du temps sur des modes de fonctionnement et des écosystèmes riches et innovants !

On peut également prendre comme exemple la décision de certaines écoles de changer leur manière d’enseigner : depuis quelques années, les étudiants en design sont invités à monter des projets d’entreprise avec les étudiants dans le commerce.

Il est possible d’en déduire que le sens du collectif prend une ampleur plus importante. Il ne s’agit plus d’une vertu à promouvoir dans une entreprise, mais plus d’une décision commune à prendre et un effort personnel à fournir pour affronter les changements et les bouleversements de la mode car ensemble, nous sommes toujours moins fragiles face à l’adversité !

In fine, le sens du collectif s’obtient en se reliant à d’autres réseaux, pour que tous les acteurs de l’industrie de la mode puissent résister et affronter le changement ensemble !

Reda KEDDEREN, Content Manager at HubMODE.

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