Cette année la Fashiontech entre dans les circuits institutionnels :

à Première Vision centre nerveux des Tendances , et lieu de passage obligatoire de tous les concepteurs de nouveauté.

Que voit on ?

Un stand Weareable Lab avec des produits connectés.

Très intéressant car on y voir la la une diversité totalement incohérente entre des produits qui relèvent de solutions (avoir moins froid, recharger son portable, se tenir droit) et des produits qui relèvent de la création l’esthétisme , l’intention symbolique  et le pouvoir onirique l’emportent sur tout usage.

Cela m’a tout à fait réjouie.

Car la Fashiontech est  incohérente  et diverse et c’est ce qui fait sa vitalité.

Il y a néanmoins bien plus que les objets connectés qui intéressent les entreprises qui allient Mode et technologie.

La Fashiontech n’entre pas encore dans les cases. Elle rassemble des cerveaux droits, des cerveaux gauches et même des énergumènes qui sont les deux. Des artistes, des technologistes, des expérimentateurs autodidactes.

Peu d’acteurs cherchent la lumière hormis quelques figures qui relèvent du spectacle ou de l’Art plus que d’une Mode à Porter par tous.

La Fashiontech se plait en collectifs, eux même reliés a d’autres collectifs, des filaments souterrains légers et mobiles, mouvants au gré des rencontres et affinités.

Elle est en grande partie hors de Paris ce qui la rend mal perceptible.

Tant mieux car le temps permet souvent a ces jeunes pousses de devenir moins fragile,d’apprendre à bien s’entourer.

Quelques grands groupes tentent de s’en servir  (une robe spectaculaire  qui clignote sur un stand automobile, comprendre comment le « système » Fashiontech fonctionne (il n’en sait rien lui-même), capter une idée qui fera des marchés, trouver une potion magique d’innovation )

Peu de grands groupes néanmoins s’attaquent aux vraies problématiques de la filière : Produire mieux, moins, plus qualitatif, vendre mieux, gagner sa vie.

Les Start Ups de la Fashiontech n’aiment en général pas trop parler, souvent elles ne s’identifient pas à cette appellation un peu mystérieuse. Elles sont en général fort occupées à atteindre le Graal qu’elles se sont fixées.

Elles entendent ce qui se dit sur eux et font « pffffff »

Elles ont du mal à comprendre l’organisation du système de Mode qui sépare le Cerveau et la main, les créateurs, les fabricants, les commerçants.

On y trouve ceux qui transforment les matières et les produits, ainsi que la manière de les fabriquer (souvent bricolage de génie)

Ceux qui transforment la manière de commercer, celle de converser, celle de manipuler (oui soyons clairs ce n’est pas un monde angélique)

Ceux qui transforment la chaine de valeur et y retirent tout ce qu’ils trouvent inutile.

Ils sont tous déjà ailleurs, plus loin, et bâtissent tranquillement  une toute autre Mode.

Lors d’une conférence sur la Fashiontech à première Vision, on a parlé de technologie invisible, de technologie familière intégrée dans tous nos objets quotidiens, de laisser croitre le pouvoir des Big datas, d’attractivité et de show off, de repasser du virtuel au réel, de nécessité de standards, de technologie calme,de textile comme base d’interface communicant.

Ce que je vois autour de moi en préparant les Fashiontechdays est tout autre.

Des poètes, des gens à la recherche de bien être humain, de relations intéressantes (échanger,apprendre) de confiance et qui veulent tout simplement faire des choses utiles. Et fun.A leur rythme.

Et ceci n’est pas du tout incompatible avec l’idée de gagner  de l’argent .

J’ai beaucoup aimé quelque mots de Nelly Rodi

Oui la Fashiontech est une Subculture .

Et je rajoute : qui n’a pas d’age.

Celle des nouveaux Géotrouvetout.

On aime mettre « le sens de la vie » dans les produits, faire du Storyliving (une histoire magique de leur vie), et de l’Empowerment social (donner  le pouvoir, et qui sait le prendre en agissant  sur des domaines auxquels les systèmes dominants ne pigent rien)

Vivre une vie plus intéressante, sortir du vieux système et trouver de nouvelles routes et places

Mixer naturellement Mode, Art, Technologie et produire de nouveaux langages.

Sans passer par les chemins désignés.

Je n’ai personnellement aucune idée de ce que va devenir La Fashiontech. S’intégrer, mourir, prospérer ?

J’y rencontre des personnes absolument enthousiasmantes, et de tous ces êtres je suis sure qu’il sortira des produits passionnants pour le monde entier.

Si elles trouvent des financements pour avancer, et la re-merci à Nelly Rodi d’avoir mis ce sujet sur la table.

Il faut de l’argent pour ces Start Ups, du vrai argent en fonds propres.

Pas des paroles ou de la com ou des prêts. De l’investissement.

En amorçage, vite, avec des procédures qui ne prennent pas tout le temps du créateur.

La Fashiontech ne créera pas de valeur sans argent au départ.

Comme toutes les technologies d’avant garde.

C’est ce que je souhaite en premier a toutes les Start Ups de la Fashiontech pour 2017.